À quelques mois de l’échéance légale du mandat des conseillers départementaux et municipaux, PASTEF-Les Patriotes veut voir le processus électoral territorial démarrer sans plus attendre. Dans un communiqué publié ce 26 août 2026, le parti au pouvoir a officiellement saisi le ministre de l’Intérieur et la Commission électorale nationale autonome (CENA), avec ampliation au président de la République, pour réclamer le déclenchement des opérations électorales.

Le ton est ferme. PASTEF-Les Patriotes estime que le calendrier électoral ne peut être laissé à l’appréciation politique des autorités. Le Bureau politique national du parti rappelle que les conseillers départementaux et municipaux ont été élus le 23 janvier 2022 pour un mandat de cinq ans. Selon son interprétation des articles L.236 et L.269 du Code électoral, leur renouvellement doit intervenir dans la période prévue par la loi, avec une dernière échéance fixée au 17 janvier 2027. Pour la formation dirigée par Ousmane Sonko, le temps presse donc. PASTEF relève qu’aucun décret n’a encore fixé la date du scrutin et qu’aucune opération préparatoire n’a été officiellement enclenchée. Le parti considère que cette situation ne saurait conduire à un report de fait des élections territoriales.

Dans son communiqué, la formation majoritaire va plus loin. Elle affirme que le respect du calendrier électoral « ne relève ni d’une faculté politique ni d’une appréciation discrétionnaire », mais constitue une obligation qui s’impose à tous, y compris au président de la République. Cette sortie place donc directement l’Exécutif face à ses responsabilités dans la préparation des prochaines échéances locales. PASTEF demande au ministre de l’Intérieur et à la CENA de prendre les dispositions nécessaires afin que le processus soit engagé dans les délais prévus par le Code électoral.

Le parti insiste également sur la nécessité de fixer les paramètres indispensables à l’organisation du scrutin, notamment la date des élections et les éléments liés au processus électoral. Plusieurs médias sénégalais rapportent que PASTEF dénonce notamment l’absence de décret de convocation du corps électoral et la non-publication du montant de la caution électorale. L’enjeu est de taille pour le paysage politique sénégalais. Les prochaines élections territoriales permettront de renouveler les conseils départementaux et municipaux et constitueront le prochain grand rendez-vous électoral après les législatives de 2024 et la présidentielle de 2024.

Pour PASTEF, qui dispose aujourd’hui de la majorité parlementaire et dirige l’Exécutif, ces élections auront également une dimension politique particulière. Elles permettront de mesurer l’implantation locale du parti et sa capacité à transformer son poids national en contrôle des collectivités territoriales. La demande formulée le 26 août peut donc être lue sur deux niveaux. Elle est d’abord juridique : PASTEF réclame l’application du calendrier prévu par la loi. Elle est ensuite politique : le parti majoritaire montre qu’il entend se préparer suffisamment tôt à une échéance qui pourrait redessiner la carte politique locale du Sénégal.

Le parti d’Ousmane Sonko prévient en tout cas qu’il ne compte pas rester spectateur de la mise en place du processus. Dans son communiqué, PASTEF affirme qu’il utilisera « toutes les voies républicaines et juridictionnelles » nécessaires pour faire respecter les dispositions légales et permettre aux citoyens d’exercer leur souveraineté dans les délais prévus. Cette prise de position intervient alors même que la question du respect du calendrier électoral fait déjà débat dans la classe politique sénégalaise. En demandant publiquement l’ouverture du processus, PASTEF se place ainsi en demandeur d’élections territoriales dans les délais légaux.

Le paradoxe n’est pas sans intérêt : le parti qui exerce aujourd’hui le pouvoir est aussi celui qui presse l’appareil d’État d’organiser les prochaines élections. Reste désormais à savoir quelle suite le ministère de l’Intérieur et la CENA donneront à cette demande. Une chose est certaine : pour PASTEF, l’horloge électorale est déjà en marche et le scrutin territorial ne saurait être repoussé par l’absence de décision administrative.

À moins de cinq mois de l’échéance maximale invoquée par le parti, la pression monte donc autour du calendrier électoral sénégalais.

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