Le ton monte au Palais de la Marina. Dans un communiqué de presse daté du 29 septembre 2026, la Présidence de la République met en garde les acteurs des médias, les internautes et les utilisateurs des réseaux sociaux contre la diffusion d’informations jugées « inexactes et diffamatoires ». Le message intervient alors que, depuis plusieurs jours, des contenus portant atteinte à l’honneur et à la considération de personnes circulent dans certains médias et sur les plateformes numériques. Sans désigner publiquement les auteurs ou les supports concernés, le communiqué entend rappeler les limites qui entourent l’exercice de la liberté d’expression.

La nouvelle équipe au pouvoir sous Romuald Wadagni choisit ainsi de replacer le débat sur le terrain de la responsabilité. La Présidence rappelle que la liberté de la presse et la liberté d’expression, garanties par la Constitution, constituent des fondements de la vie démocratique. Elle précise toutefois que leur exercice doit s’inscrire dans le respect de la vérité des faits et des règles déontologiques. Autrement dit, la liberté d’informer ne saurait être assimilée à un permis de publier sans vérification, d’attribuer des faits non établis ou de transformer une rumeur en information.

Le communiqué prend également une dimension juridique en rappelant que la diffusion de fausses informations et la diffamation, notamment par voie électronique, sont sanctionnées par la législation béninoise. La Présidence cite particulièrement l’article 550 du Code du numérique. Cette référence donne à la mise en garde une portée qui prend l’allure d’un premier avertissement institutionnel. Cela rappelle surtout que les publications diffusées sur les réseaux sociaux peuvent également engager la responsabilité de leurs auteurs.

Le message vise donc autant les professionnels de l’information que les nombreux animateurs de foras numériques qui commentent, relaient et amplifient quotidiennement des contenus auprès de milliers de personnes. Dans cet univers où une publication peut devenir virale en quelques minutes, le partage d’une information non vérifiée peut rapidement produire des conséquences sur la réputation d’une personne. La vigilance demandée par la Présidence concerne ainsi toute la chaîne de circulation de l’information, du producteur du contenu au dernier internaute qui décide de le relayer.

Informer, commenter ou critiquer demeure possible, mais la liberté revendiquée impose aussi de pouvoir répondre de ce que l’on publie et de ce que l’on contribue à faire circuler.

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