Les pôles de développement territorial constituent l’un des marqueurs majeurs de la vision portée par le président Romuald Wadagni. Pour Rachidi Gbadamassi, ministre conseiller à la Défense et à la Sécurité auprès du chef de l’État, cette réforme traduit une nouvelle approche de l’intervention publique après une décennie consacrée à la consolidation des fondations du développement. Invité de CLIC TV, il a livré une lecture détaillée de cette stratégie et de ses implications pour les populations. À ses yeux, comprendre les pôles de développement territorial est essentiel pour mesurer la portée du mandat de Romuald Wadagni, puisqu’ils doivent permettre de déplacer davantage l’action publique vers les territoires et leurs potentialités.

« Agir sur l’humain pour réduire la pauvreté »
Rachidi Gbadamassi résume la philosophie du président Wadagni par une formule forte. « Le défi, c’est d’agir sur l’humain pour réduire la pauvreté », affirme-t-il. Selon lui, les infrastructures routières, marchandes, énergétiques, sanitaires, sportives et éducatives réalisées au cours des dernières années ont permis de poser des fondations solides. La nouvelle étape consiste désormais à faire en sorte que ces acquis produisent davantage d’effets sur les conditions de vie des populations, qu’elles résident dans les villes, les campagnes ou les hameaux les plus éloignés. « Le Bénin profond, ce n’est pas rester à Cotonou dans les bureaux climatisés », martèle-t-il. Les pôles apparaissent ainsi comme le cadre institutionnel destiné à rapprocher le développement de chaque territoire et à valoriser ses ressources productives.
Un héritage lourd, une ambition assumée
Pour expliquer la démarche du nouveau président, le ministre conseiller insiste également sur la continuité avec l’action de Patrice Talon. « Patrice Talon a mis la barre très haut », estime-t-il, rappelant notamment les investissements réalisés dans les infrastructures routières. Il considère que Romuald Wadagni a pleinement conscience du poids de cet héritage. « Il a compris que qui veut aller loin ménage sa monture », lance-t-il, avant de poursuivre avec une formule destinée à résumer sa confiance dans la nouvelle gouvernance. « L’impossible n’est pas Wadagni et l’impossible n’est pas le peuple béninois souverain. » Pour Gbadamassi, les cent premiers jours du nouveau pouvoir ne peuvent donc être dissociés des dix années précédentes. Wadagni incarne, selon lui, une continuité accompagnée d’une nouvelle méthode d’intervention publique davantage structurée autour des territoires.
Agriculture, industrie, tourisme et innovation
Le mécanisme doit produire ses effets par la création de véritables chaînes de valeur régionales. Les mesures de soutien à la production agricole doivent renforcer les filières propres à chaque région. L’augmentation de la production doit accroître les revenus des agriculteurs, tandis que l’implantation d’industries chargées de transformer les productions locales doit favoriser l’emploi et la création de richesse. Le tourisme constitue un autre levier. Gbadamassi rappelle ainsi l’exemple de Kandi, que Romuald Wadagni avait présenté durant la campagne comme une possible capitale touristique régionale capable d’attirer des visiteurs des pays voisins. L’innovation complète ce dispositif avec la valorisation des talents locaux, le développement de startups régionales et la promotion de la créativité artisanale et numérique.
Gbadamassi, une communication de proximité
Sur ce chantier, Rachidi Gbadamassi s’impose désormais comme l’un des principaux relais de proximité de la vision gouvernementale. Son expérience politique et territoriale lui permet de traduire les orientations de l’exécutif dans un langage directement accessible aux populations. Lui-même rappelle qu’il fut l’un des premiers maires à l’avènement de la décentralisation et le premier président de l’Association nationale des communes du Bénin. « Quand on parle des réformes territoriales, c’est mon marigot », revendique-t-il. Sa lecture des pôles dépasse ainsi la présentation institutionnelle d’une réforme. Elle cherche à faire comprendre que le développement doit désormais partir des réalités locales pour créer de la richesse, de l’emploi et de nouvelles opportunités. « Ce qui commence, c’est du lourd, c’est du très structuré. Ce n’est pas une ambition factice. C’est le développement pensé à partir des territoires », conclut le ministre conseiller.
Aristide KANOUSSOU
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