À la faveur de la présentation du projet de société de Romuald Wadagni au Palais des Congrès le 21 mars 2026, le débat politique béninois connaît une nouvelle dynamique. Entre innovations structurelles et tensions au sein de l’opposition, les lignes bougent.
Invité de Central Chronique, l’honorable Zéphirin Kindjanhounde livre une analyse approfondie de cette actualité, saluant un projet ambitieux tout en pointant les fragilités de l’opposition, notamment au sein du parti Les Démocrates.

Un projet de rupture fondé sur la territorialisation et le numérique
Dès l’entame, Zéphirin Kindjanhounde met en lumière ce qu’il considère comme une innovation majeure du projet : « Ce projet introduit une rupture stratégique importante. La première innovation majeure, c’est la territorialisation du développement à travers les pôles de développement », a-t-il expliqué.
Dans la continuité de son analyse, il relève une nouvelle approche du développement : « On ne parle plus seulement de croissance nationale, mais de création d’opportunités dans chaque territoire », a-t-il précisé, soulignant un changement de paradigme.
Évoquant la modernisation de l’action publique, il ajoute : « Il y a une digitalisation profonde de l’action publique, que ce soit dans la santé, l’éducation ou la protection sociale », mettant en avant l’intégration du numérique comme levier de transformation.
Une transformation structurelle aux impacts sociaux profonds
Interrogé sur la portée du projet, l’honorable Kindjanhounde ne cache pas son enthousiasme : « Ce projet ne se contente pas de poursuivre les réformes, il les amplifie », a-t-il affirmé. Il illustre cette dynamique par des exemples concrets : « On introduit l’assurance agricole, la retraite des agriculteurs, et même l’agriculture de précision. C’est une révolution silencieuse », a-t-il déclaré.
Dans le domaine éducatif, il met en avant une mutation stratégique : « On passe à un système orienté vers l’emploi, avec un suivi de l’élève jusqu’à son insertion professionnelle », a-t-il souligné. Allant plus loin, il résume la philosophie globale du projet en une formule forte : « Avec ce programme, chaque localité est appelée à devenir un village planétaire », a-t-il lancé.
Avant d’en expliciter les implications : « Cela va réduire l’exode rural, limiter l’insécurité et casser les dynamiques de précarité dans les centres urbains », a-t-il analysé.
Clarification sur la polémique autour de la sociologie
Face aux critiques sur la supposée dévalorisation de certaines filières, Zéphirin Kindjanhounde apporte une mise au point : « Il n’a jamais dit que la sociologie n’est pas une bonne filière », a-t-il recadré. Il précise la pensée du candidat : « Nous devons réorienter notre système éducatif vers les compétences pratiques, le savoir-faire et l’autonomie », a-t-il expliqué.
Dans un ton plus critique envers le système actuel, il ajoute : « Nous devons sortir du carcan hérité du modèle colonial », plaidant pour une réforme en profondeur de l’éducation.
Un projet ambitieux porté par une vision économique claire
Sur la question de l’ambition du projet, l’analyse reste sans ambiguïté : « Le projet de Romuald Wadagni est très ambitieux, mais surtout cohérent », a-t-il déclaré. Il met en avant un modèle économique équilibré : « Il met le secteur privé au cœur de la création de richesse, tout en maintenant un État stratège », a-t-il ajouté.
Une opposition fragilisée et en perte de repères
En parallèle, l’honorable Kindjanhounde dresse un constat sévère de l’opposition, en particulier du parti Les Démocrates : « J’avais dit que ce parti n’était pas organisé. Aujourd’hui, les faits me donnent raison », a-t-il rappelé. Il poursuit en décrivant les tensions internes : « On assiste à des divisions, des incompréhensions et une incapacité à s’accorder sur l’essentiel », a-t-il déploré.
Allant plus loin dans son analyse, il réaffirme une position déjà exprimée : « Ce parti est au bord de l’éclatement », a-t-il annoncé. Selon lui, les causes sont structurelles : « Ils passent leur temps à critiquer sans jamais proposer de solutions alternatives », a-t-il martelé.
Dans un ton plus incisif, il lance : « Ils ont perdu leur temps et se retrouvent aujourd’hui rattrapés par la réalité », appelant à « faire preuve d’humilité ».
“Un parti dépassé” : une position tranchée
Interrogé sur l’avenir du parti, il se montre catégorique : « Ce parti est dépassé. Il n’incarne plus une alternative crédible », a-t-il affirmé. Et de conclure sur une vision sans concession : « Le Bénin regarde vers l’avenir, pas vers le passé », marquant ainsi une rupture nette.
Un paysage politique contrasté à l’approche de 2026
En guise de conclusion, Zéphirin Kindjanhounde dresse un tableau global du climat politique : « Le contraste est clair. D’un côté, une dynamique structurée autour d’un projet et d’un leadership. De l’autre, une opposition en difficulté », a-t-il résumé. Avant de laisser entrevoir l’échéance électorale : « Les Béninois feront leur choix le 12 avril en toute lucidité », a-t-il conclu.
A.K.
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