Annick NONONHOU AGANI à l’avant-garde d’un leadership transformationel pour une pratique sage-femme humanisée
Sur l’espace vert de l’hôtel Dream Lodge, à Zinvié, dans la commune d’Abomey-Calavi, l’Association des Soignants Amis des Patients (ASAP) a tenu, les 1er et 2 mai 2026, un atelier d’« immersion, de reconnexion et de mentorat para-juridique ». Organisé dans le cadre conjoint de la Fête du Travail et de la Journée internationale de la sage-femme, ce rendez-vous s’inscrit dans la dynamique de la « Quinzaine d’Artivisme 2026 ».

Au-delà de la célébration, l’objectif primordial était clairement défini : renforcer les capacités des nouveaux dirigeants de l’ASAP et des responsables de groupes d’appui (chefs pôles, présidents de groupes de travail et points focaux) afin d’assurer une meilleure promotion de l’accouchement sans violence et de contribuer à la réduction, voire à l’éradication des violences gynécologiques et obstétricales.
Dès l’entame, l’atelier s’est distingué par une approche structurée et immersive. Après l’installation des participants, Emilienne Badou Adjobo a souhaité la bienvenue, avant qu’Annick B. Nonohou Agani ne donne le ton à travers son allocution d’ouverture. Elle a insisté sur la nécessité de repositionner la sage-femme comme actrice centrale de la dignité, de la sécurité et des droits en santé maternelle.
Très vite, les travaux ont mis l’accent sur le renforcement des capacités humaines et professionnelles, notamment à travers le développement personnel, la reconnexion à soi et aux autres, ainsi que la compréhension du cadre légal de la pratique. À travers des exercices pratiques et des échanges interactifs, les participants ont été amenés à réfléchir sur leur posture professionnelle et leur rôle dans la transformation du système de santé.

Sous la conduite de Françoise Kouinmayoa et avec les contributions de Philomène Lokossou et Pascal Ahouwenou, les différentes séquences ont permis d’alterner diagnostics, partages d’expériences et apprentissages structurés. Mais c’est surtout la dimension du leadership transformationnel qui a constitué un pilier central de la formation.
Annick B. Nonohou Agani a particulièrement insisté sur l’importance d’un alignement entre compétences techniques, équilibre personnel et conscience des droits. Pour elle, le renforcement de capacités ne peut être efficace sans un travail en profondeur sur l’individu : « on ne défend durablement une profession que lorsqu’on nourrit aussi les personnes qui la portent ». Dans cette logique, le développement du self love, de l’intelligence émotionnelle et de la posture de leader engagé a été largement exploré.
L’atelier a également innové par l’intégration de thérapies alternatives et approches complémentaires, telles que le green care, l’éco-thérapie et les pratiques de reconnexion à la nature. Ces outils ont été présentés comme des leviers essentiels pour améliorer le bien-être des soignants et humaniser davantage les soins. Les jeux de rôles, incluant le port du gilet de grossesse pour promouvoir la masculinité positive ou encore la méthode kangourou, ont permis de traduire ces concepts en pratiques concrètes.

Sur le plan technique et juridique, les participants ont été outillés sur le mentorat para-juridique et la sécurisation de la pratique sage-femme. Les échanges ont mis en lumière la nécessité pour les responsables de maîtriser les droits des patientes et les mécanismes de prévention des violences obstétricales. Le message a été sans équivoque : la lutte contre ces violences passe par la compétence, la responsabilité et l’engagement institutionnel.
Les panels de témoignages ont enrichi la réflexion en donnant la parole aux professionnelles, qui ont partagé leurs réalités, leurs défis et leurs aspirations. L’artivisme, à travers la co-création d’une fresque des violences faites aux sages-femmes, a ajouté une dimension expressive et engagée à l’atelier.

La deuxième journée a permis de consolider les acquis avec l’élaboration et la validation d’une feuille de route 2026, véritable cadre d’action pour renforcer durablement la promotion de l’accouchement sans violence. Ce travail collectif a illustré la volonté de passer de la réflexion à l’action, en dotant les participants d’outils concrets pour agir dans leurs différents espaces d’intervention.
Au terme des travaux, une certitude se dégage : l’ASAP ne se limite pas à un rôle de sensibilisation. Elle s’affirme comme un acteur stratégique de transformation, misant sur le renforcement des capacités, le leadership transformationnel et l’innovation thérapeutique pour faire évoluer les pratiques.
Ainsi, à travers cet atelier, l’association pose les bases d’un engagement renouvelé : faire de l’accouchement sans violence non seulement une exigence professionnelle, mais une norme sociale et institutionnelle au service de la santé publique.
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