Le sud du Bénin traverse une évolution climatique désormais perceptible dans la vie quotidienne. Les repères saisonniers qui structuraient autrefois l’année, alternance des périodes sèches et pluvieuses, retour attendu de l’harmattan, installation progressive des pluies demeurent, mais leur calendrier devient plus irrégulier et plus difficile à anticiper. Le sud du pays conserve en principe deux saisons des pluies et deux courtes saisons sèches, mais les dates d’installation et de fin des pluies varient davantage qu’auparavant.

Sur le terrain, agriculteurs, maraîchers et riverains constatent des débuts de saison moins lisibles, des pluies parfois tardives et des pauses sèches inattendues. Des travaux menés au Bénin confirment cette instabilité, notamment au niveau du démarrage des saisons, avec une évolution moins régulière qu’autrefois selon les zones climatiques.

Au sud-est du pays, une étude couvrant la période 1954-2016 met en évidence un passage à une phase de déficit pluviométrique après 1969. Les chercheurs y observent une baisse de 12 à 37 % des jours de pluie et une augmentation des jours secs de 21,4 jours par an. Ces résultats ne signifient pas que la pluie a disparu, mais qu’elle devient plus irrégulière et moins favorable aux anciens repères agricoles.

Le Bénin est également reconnu comme un pays vulnérable aux effets du changement climatique. Les documents du Plan national d’adaptation indiquent que plusieurs secteurs sont déjà affectés, tandis que la Banque mondiale souligne les impacts directs sur les zones urbaines exposées aux inondations, notamment Cotonou. Toutefois, il convient de relever que d’importants efforts ont été consentis au cours de la dernière décennie, à travers la réalisation d’infrastructures d’assainissement et de drainage de qualité, qui ont contribué à réduire de manière significative l’ampleur et la fréquence des inondations dans certaines zones de la ville.

Cette vulnérabilité est aggravée par le poids de l’agriculture dans l’économie nationale. La Banque mondiale estime que le secteur agricole représente près de 25 % du PIB et emploie près de la moitié de la population. Dans un pays où une large part de la production dépend encore de la pluie, l’irrégularité des saisons pèse directement sur les semis, les récoltes et les revenus ruraux.

Dans les villes du sud, la pression est également forte. L’IRD rappelle que les pluies intenses liées à la mousson africaine provoquent chaque année de graves inondations, avec des effets sur l’habitat, l’agriculture et l’élevage. C’est pourquoi la Banque mondiale a soutenu un projet de gestion des eaux pluviales et de résilience urbaine à Cotonou.

Face à cette nouvelle donne, le Bénin a déjà engagé des politiques d’adaptation, mais leur mise en œuvre reste l’enjeu central. Le pays dispose aujourd’hui de plusieurs cadres stratégiques, dont un Plan national d’adaptation adopté en 2022, qui vise à renforcer la résilience des communautés et des secteurs les plus exposés.

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