ENTRETIEN EXCLUSIF AVEC ZÉPHIRIN KINDJANHOUNDE
À la faveur de la présentation du projet de société de Romuald WADAGNI au Palais des Congrès le 21 mars 2026, le débat politique béninois prend une nouvelle tournure. Entre innovations majeures proposées pour transformer le pays et recomposition de l’opposition, notamment au sein du parti Les Démocrates, les lignes bougent. Dans cet entretien exclusif, Zéphirin KINDJANHOUNDE analyse en profondeur les ambitions du projet WADAGNI et revient sur ses prédictions concernant la crise actuelle qui secoue l’opposition.
CENTRAL CHRONIQUE : Honorable KINDJANHOUNDE, vous avez suivi la présentation du projet de société de Romuald WADAGNI. Quelles sont, selon vous, les grandes innovations de ce programme ?
Zéphirin KINDJANHOUNDE : Ce projet introduit une rupture stratégique importante. La première innovation majeure, c’est la territorialisation du développement à travers les pôles de développement. On ne parle plus seulement de croissance nationale, mais de création d’opportunités dans chaque territoire.
Ensuite, il y a la digitalisation profonde de l’action publique. Que ce soit dans la santé, l’éducation ou la protection sociale, tout est désormais pensé autour du numérique, avec des outils modernes comme le carnet de santé digital ou les plateformes sociales intelligentes.
CENTRAL CHRONIQUE : Peut-on parler d’un projet de transformation structurelle ?
Zéphirin KINDJANHOUNDE : Absolument. Ce projet ne se contente pas de poursuivre les réformes, il les amplifie. Prenez l’agriculture par exemple. On introduit l’assurance agricole, la retraite des agriculteurs, et même l’agriculture de précision avec les nouvelles technologies. C’est une révolution silencieuse.
Dans l’éducation aussi, on passe à un système orienté vers l’emploi, avec un suivi de l’élève jusqu’à son insertion professionnelle.
Avec ce programme porté par Romuald WADAGNI, chaque localité est appelée à devenir un village planétaire. Autrement dit, vous pouvez naître dans une localité comme Akiza et y étudier, pour devenir Docteur ou pour construire votre avenir sans être obligé de migrer vers les grandes villes pour réussir.
C’est une transformation profonde. On rapproche les opportunités des populations. Cela va réduire l’exode rural, limiter l’insécurité et casser les dynamiques de précarité dans les centres urbains.
À terme, cette organisation du territoire va créer une dynamique nationale puissante. Et j’en suis convaincu, le Bénin fera une entrée remarquée dans le concert des nations, avec une croissance à deux chiffres.
CENTRAL CHRONIQUE : Pourtant, d’autres affirment que Romuald WADAGNI considère que la sociologie n’est pas une bonne filière. Que leur répondez-vous ?
Zéphirin KINDJANHOUNDE : C’est une mauvaise interprétation. Il n’a jamais dit que la sociologie n’est pas une bonne filière.
Ce qu’il dit, et c’est là toute la différence, c’est que nous devons réorienter notre système éducatif vers les compétences pratiques, le savoir-faire et l’autonomie. L’objectif est clair, réduire le chômage et préparer les jeunes aux réalités du marché.
Nous devons sortir de ce carcan hérité du modèle colonial, qui valorise uniquement les diplômes théoriques. Regardez les grandes puissances comme la Chine, elles misent sur la production, la technique et l’efficacité.
Aujourd’hui, soyons lucides, vous pouvez avoir un doctorat en philosophie, mais sur le terrain, votre jeune frère artisan ou technicien a souvent plus d’opportunités concrètes. C’est cette réalité que nous devons intégrer si nous voulons avancer.
CENTRAL CHRONIQUE : Honorable KINDJANHOUNDE, certains parlent d’un projet très ambitieux, partagez-vous cet avis ?
Zéphirin KINDJANHOUNDE : Le projet de Romuald WADAGNI est très ambitieux, mais surtout cohérent. Il met le secteur privé au cœur de la création de richesse, tout en maintenant un État stratège. C’est cela qui fait la différence. On crée des champions nationaux, on industrialise localement, on organise les territoires. C’est une vision claire.
CENTRAL CHRONIQUE : Pendant que cette dynamique se met en place, le parti Les Démocrates traverse des tensions internes. Vous aviez pourtant alerté très tôt.
Zéphirin KINDJANHOUNDE : Exactement. J’avais dit que ce parti n’était pas organisé. Aujourd’hui, les faits me donnent raison. On assiste à des divisions internes, des incompréhensions, et surtout une incapacité à s’accorder sur l’essentiel.
CENTRAL CHRONIQUE : Vous aviez même évoqué une possible implosion.
Zéphirin KINDJANHOUNDE : Oui, et ce que nous voyons aujourd’hui en est la preuve. Quand un parti humilie ses propres leaders, quand il ne valorise pas ses cadres, il crée lui-même les conditions de sa fragilisation.
Je l’ai dit clairement, ce parti est au bord de l’éclatement. Et ce n’était pas une attaque, mais une analyse lucide.
CENTRAL CHRONIQUE : Selon vous, qu’est-ce qui explique cette incapacité à se structurer ?
Zéphirin KINDJANHOUNDE : Leur faiblesse est simple. Ils passent leur temps à critiquer sans jamais proposer de solutions alternatives. Pendant ce temps, la mouvance présidentielle, nous construisons avec une vision claire et un cap précis.
Résultat, ils ont perdu tout leur temps rien que pour ça et se retrouvent aujourd’hui rattrapés par la réalité. Je les avais mis au défi de présenter un candidat de la trempe de Romuald WADAGNI. Ils n’y sont jamais parvenus.
Qu’ils fassent preuve d’humilité, qu’ils rentrent dans les rangs comme le dirait l’autre, et qu’ils se remettent au travail s’ils veulent encore compter politiquement.
CENTRAL CHRONIQUE : Honorable KINDJANHOUNDE, vous allez plus loin en affirmant que le parti Les Démocrates appartient désormais au passé. Pourquoi une position aussi tranchée ?
Zéphirin KINDJANHOUNDE : Je le dis sans détour. Ce parti est dépassé. Il n’incarne plus ni une alternative crédible, ni une force capable de porter l’espoir des Béninois.
Un parti politique qui passe son temps à se diviser, à critiquer le pouvoir, à humilier ses propres leaders et qui est incapable de s’organiser pour proposer un candidat sérieux ne peut pas prétendre construire l’avenir.
Aujourd’hui, la réalité est là. Ils sont enfermés dans leurs contradictions, pendant que le pays avance. On ne peut pas continuer à perdre du temps avec une formation qui n’arrive même pas à se structurer elle-même.
Pour moi, ce débat est déjà derrière nous. Le Bénin regarde vers l’avenir, pas vers le passé.
CENTRAL CHRONIQUE : Un dernier mot sur le paysage politique actuel ?
Zéphirin KINDJANHOUNDE : Le contraste est clair. D’un côté, une dynamique structurée autour d’un projet et d’un leadership. De l’autre, une opposition en difficulté, incapable de se réinventer. Les Béninois feront leur choix en toute lucidité le 12 avril 2026.
CENTRAL CHRONIQUE : Merci Honorable.
Zéphirin KINDJANHOUNDE : C’est moi qui vous remercie.
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