Le scrutin du 11 janvier 2026, combinant législatives et communales, place déjà la mouvance présidentielle sous tension. Alors que l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) semble en tête, les rivalités internes s’annoncent féroces, notamment autour du perchoir de l’Assemblée nationale. Dans ce contexte, le nom de Joseph DJOGBENOU revient avec insistance, entre spéculations et attentes, dessinant les contours d’une recomposition politique.
Si les tendances informelles relayées sur les réseaux sociaux placent l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) en tête au plan national, l’après-vote semble déjà ouvrir une nouvelle phase : celle des rapports de force internes, comme le souligne Le Béninois Libéré. Dans son édition du mercredi 14 janvier 2026, le journal évoque une avalanche de recours dirigés contre l’UP-R, sur fond de rivalité persistante avec le Bloc Républicain (BR), notamment dans certaines circonscriptions électorales stratégiques. L’organe parle d’une « éternelle rivalité BR–UP-R » et attire l’attention sur la 11ᵉ circonscription électorale, présentée comme l’un des foyers majeurs de contestation pour vol supposé.
Sans préjuger du fond de ces recours, encore pendants devant les instances compétentes, surtout que le contenu de l’article a été supprimé du site du journal quelques temps après sa publication, ces signaux traduisent un climat politique particulier où une majorité qui, tout en semblant conforter sa position, entre déjà dans une phase de recomposition et de calculs stratégiques.
Une victoire provisoire, des enjeux durables
Dans l’architecture institutionnelle béninoise, les élections législatives ne marquent pas une fin, mais plutôt un commencement. La prochaine étape majeure reste la désignation du Président de l’Assemblée nationale, un poste hautement stratégique dans l’équilibre du pouvoir. Le parti qui disposera de la majorité parlementaire sera, pour ainsi dire, la ceinture de sécurité du prochain Président de la République, probablement Romuald WADAGNI, que tous les sondages donnent déjà gagnant.
Pour le perchoir, aucune décision officielle n’est connue et aucun nom n’est formellement avancé. Pourtant, les débats en sourdine, les crispations observées et la multiplication des interprétations dans la presse laissent entrevoir que la question du perchoir est déjà au cœur des préoccupations.
Le cas Joseph DJOGBENOU au centre des interrogations
Dans ce contexte, le nom de Joseph DJOGBENOU, président de l’UP-R, revient régulièrement dans les analyses politiques. Ancien président de la Cour constitutionnelle, figure centrale de la majorité, il avait été évoqué par le passé comme un potentiel candidat à la présidentielle, sans que cette hypothèse n’aboutisse. Certains ont été surpris, alors que d’autres s’attendaient à cette issue d’autant que Joseph DJOGBENOU a déjà assumé de nombreux sacrifices pour la mouvance, qui selon plusieurs analystes ne permettent pas de ratisser large aux élections.
Aujourd’hui, une interrogation demeure : tout est-il mis en œuvre pour l’écarter durablement des postes institutionnels majeurs, ou reste-t-il un acteur incontournable de la prochaine législature ? Si l’UP-R venait à disposer de la majorité parlementaire, la question de la négociation interne se poserait inévitablement : Est-ce que celui qui prendra le perchoir sera un choix consensuel, arbitrage politique ou décision venue du sommet de l’exécutif, comme cela a parfois été observé par le passé ?
Entre attente et prudence
Pour l’heure, aucune affirmation définitive ne peut être faite. Les recours suivent leur cours, les chiffres officiels restent attendus et les tractations demeurent informelles. Mais une chose est certaine : les guerres politiques commencent rarement après une défaite ; elles naissent souvent au lendemain des victoires annoncées.
Reste à savoir si Joseph DJOGBENOU demeurera, selon l’expression de certains observateurs, un « intellectuel généreux » constamment sollicité mais rarement servi, ou si la conjoncture politique actuelle lui tendra enfin la main institutionnelle qu’il n’a jamais officiellement reçue.
Comme souvent en politique, le verdict ne viendra ni des unes ni des rumeurs, mais des équilibres qui se construiront dans les jours à venir.
Attendons de voir.
Aristide KANOUSSOU
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