Assimi GOÏTA désormais sous pression.
Cinq ans après le premier coup d’État militaire en août 2020, le Mali vit toujours une transition longue et incertaine, marquée par de profondes tensions sociales, économiques et sécuritaires. Alors que les autorités avaient promis un retour rapide à l’ordre constitutionnel, la réalité du quotidien des Maliens reste difficile, soulignant un bilan social inquiétant.
La transition politique malienne a débuté en août 2020 avec le renversement d’Ibrahim Boubacar Keïta et s’est ensuite prolongée avec un second coup d’État en mai 2021, menant à l’installation du colonel Assimi GOÏTA comme chef de la transition. Initialement présentée comme une période transitoire vers des élections libres, elle s’étend désormais sur plus de cinq ans sans horizon clair de retour à une gouvernance civile démocratique. Parmi les mesures controversées, la dissolution de tous les partis politiques en mai 2025 a encore resserré l’espace démocratique et suscité critiques et inquiétudes.
CRISE DU CARBURANT : UNE CRISE SOCIALE MAJEURE
Un des problèmes les plus visibles et persistants reste la crise d’approvisionnement en carburant qui affecte le pays depuis plusieurs mois. Depuis septembre 2025, un blocus orchestré par le groupe jihadiste JNIM bloque les routes d’importation des hydrocarbures vers le Mali, entraînant la destruction de centaines de camions‑citernes et une pénurie généralisée de carburant dans les stations‑service à travers le pays.
Cette crise a des conséquences sociales profondes dont les files d’attente interminables et stations à sec, avec des conséquences directes sur la mobilité des populations; La fermeture temporaire des écoles et universités à l’automne 2025 en raison de l’impossibilité pour le personnel et les élèves de se déplacer; Une hausse du coût de la vie et perturbations économiques, notamment pour le transport, l’agriculture et les petites entreprises; des secteurs essentiels comme la santé et l’électricité ont aussi été fragilisés par les ruptures d’approvisionnement en énergie.
L’accumulation de ces crises, sociale, énergétique, sécuritaire et politique, affecte directement la vie quotidienne des Maliens. Le Fonds monétaire international a observé que la croissance économique du pays a été ralentie à environ 4,1 % en 2025, en partie à cause des crises du carburant et d’électricité, malgré des efforts visant à maîtriser l’inflation et soutenir certains secteurs. Pour de nombreuses familles, cela se traduit par une hausse du coût de la vie, un accès limité aux services essentiels et une persistance de l’insécurité alimentaire dans certaines zones rurales.
Alors que la transition du Mali aura bientôt dépassé les cinq années d’existence, le bilan social est jugé inquiétant par de nombreux observateurs et citoyens. Les espoirs initiaux d’un retour rapide à une gouvernance civile et à une amélioration des conditions de vie ont laissé place à une économie sous pression. Pour beaucoup de Maliens, ces épreuves confirment que le chemin vers la stabilité et le bien‑être social reste long et incertain.
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