Comme il est de coutume, les amoureux s’apprêtent à célébrer la fête de l’amour ce 14 février 2026.
Cette tradition, attestée depuis le XIVᵉ siècle en Angleterre et le XVᵉ siècle en France, s’est progressivement répandue à travers le monde, gagnant également l’Afrique. Le Bénin n’y fait pas exception, chaque année durant la deuxième semaine du deuxième mois.
Cette fête, plus connue sous l’appellation de « Saint-Valentin », tire son origine du prêtre Valentin. Selon la légende, ce dernier fut décapité à Rome le 14 février 269 pour avoir osé marier secrètement de jeunes couples, contre la volonté de l’empereur qui avait interdit les unions afin de faciliter l’envoi des hommes à la guerre.
La légende raconte également que durant son incarcération pour cette grande désobéissance, le prêtre noua une idylle avec Julia, la fille de son geôlier. Toujours selon le récit, l’intensité de son amour, accompagnée de nombreuses prières, aurait permis à la jeune fille, malvoyante de naissance, de recouvrer la vue. Après sa mort, Valentin devint ainsi le saint patron des amoureux.
Cette fête dite « chrétienne » apparaît dès le Ve siècle, remplaçant la célébration païenne des Lupercales. La date du 14 février aurait été choisie parce qu’on pensait qu’elle correspondait à la période où les oiseaux s’accouplaient et se reproduisaient.
À cette occasion, les amoureux s’échangent poèmes d’amour, messages tendres et cadeaux, notamment les roses rouges, symbole de la passion. Pour d’autres, c’est aussi le moment idéal pour déclarer leur flamme à leur crush.
Au Bénin, la fête de la Saint-Valentin est devenue une véritable mode depuis quelques années et se célèbre de diverses manières. À cette date, plages, bars et autres lieux publics se remplissent de jeunes amoureux, mais aussi de couples déjà confirmés.
Sur les côtes, on aperçoit des jeunes conscients, assis, discutant de leur avenir. D’autres préfèrent danser au son de petits baffles apportés pour l’occasion, tandis que des séances photo se multiplient pour le plus grand bonheur des photographes présents. En somme, les plages s’animent davantage.
Cependant, si pour certains cette fête est une belle occasion de célébrer l’amour, d’autres n’y adhèrent pas.
C’est le cas de Moubarakath Ayoka, étudiante en deuxième année de Physique-Chimie. Pour la jeune femme de 20 ans, cette célébration devrait être reléguée au second plan. « C’est vrai que c’est la fête des amoureux, mais pas pour tout le monde. Elle concerne beaucoup plus les personnes âgées, celles qui sont déjà prêtes à assumer de grandes responsabilités », explique-t-elle. Toutefois, elle refuse de juger ceux qui la célèbrent : « Si certains jeunes trouvent du plaisir à la fêter, tant mieux. La vie est un choix », conclut-elle.
Même son de cloche chez Idohou Moïbath, qui avoue ne pas apprécier cette fête en raison d’un souvenir familial marquant. « Ma grande sœur est tombée enceinte quelques semaines après avoir célébré cette fête avec son petit ami. Plus tard, nous avons eu notre neveu, ndlr, ce qui fait que je n’aime pas trop cette célébration », raconte-t-elle. La trentenaire ajoute : « Je dis souvent à mon mec qu’il n’a pas besoin d’attendre le 14 février pour me complimenter ou m’offrir des cadeaux. »
Raïssa Adegnandjou, quant à elle, affirme ne rien savoir de cette fête. « Cette date ne me dit absolument rien. D’ailleurs, je ne crois pas en l’amour », lance-t-elle avant de poursuivre : « Je trouve que l’amour est un subterfuge. Pour moi, c’est du pur marketing autour du 14 février », objecte-t-elle.
À l’opposé, Dayan Kossoko estime que la Saint-Valentin mérite d’être célébrée, mais sans excès. « Fêter le 14 février permet de renforcer les liens entre deux amoureux et de consolider un couple », explique-t-il.
Quoi qu’il en soit, les passionnés de cette fête s’impatientent déjà et ont hâte de découvrir les surprises que leur réserve la Saint-Valentin 2026. Pour eux, il n’existe pas de meilleur moment pour prouver son amour que cette journée du 14 février.
Denis KODJO
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