Les Ougandais se sont rendus aux urnes ce jeudi pour des élections générales très surveillées, marquées par un climat de tension et de fortes préoccupations autour de la succession présidentielle. Le président sortant, Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, brigue un nouveau mandat face à l’opposant populaire, le chanteur et député Bobi Wine.
Une campagne électorale sous haute tension
Depuis le début de la campagne, le pays a été secoué par des violences et des restrictions de libertés. Les forces de sécurité ont ouvert le feu à plusieurs reprises lors des rassemblements de Bobi Wine, faisant au moins un mort et plusieurs arrestations parmi ses partisans. Le gouvernement a justifié ces interventions en accusant l’opposition de troubles à l’ordre public.
Le jour du vote, l’accès à Internet et aux réseaux mobiles a été limité sur l’ensemble du territoire, officiellement pour contrer la diffusion de désinformation. Cette mesure a suscité l’attention des observateurs internationaux, alors que le pays est réputé pour une jeunesse nombreuse : plus de 70 % de la population a moins de 30 ans, une tranche qui soutient majoritairement Bobi Wine.
Une élection à enjeux stratégiques
Museveni, 81 ans, a fait campagne sur la promesse de « protéger les acquis » et de faire progresser l’Ouganda vers le statut de pays à revenu intermédiaire, notamment grâce au futur démarrage de la production pétrolière par TotalEnergies et CNOOC. Ancien chef rebelle arrivé au pouvoir en 1986, il a modifié la constitution à deux reprises pour supprimer les limites d’âge et de mandat, consolidant ainsi son emprise sur les institutions ougandaises.
Le scrutin de ce jeudi vise à élire également plus de 500 députés, et la clôture des bureaux de vote était prévue à 16 h (heure locale), avec des résultats attendus dans les 48 heures suivant le vote.
La question de la succession présidentielle
Au cœur des préoccupations se trouve la possible succession. Museveni est largement perçu comme favorisant son fils, Muhoozi Kainerugaba, chef militaire, comme futur président. Bien que le président ait nié toute intention de préparer son fils à lui succéder, ce dernier a exprimé publiquement ses ambitions présidentielles et est très actif sur les réseaux sociaux, parfois avec des messages menaçants envers l’opposition.
Réactions et contexte international
L’ONU a dénoncé une campagne marquée par la répression et l’intimidation, tandis que le gouvernement a rejeté ces accusations en imputant la responsabilité des troubles à l’opposition. Museveni, reconnu pour sa coopération avec les puissances occidentales, notamment par l’envoi de troupes dans des zones de conflit régionales et l’accueil de millions de réfugiés, reste un acteur central de la géopolitique est-africaine.
Cette élection constitue un test crucial pour le long règne de Museveni, ainsi que pour la stabilité politique de l’Ouganda, alors que la communauté internationale suit de près le déroulement du scrutin.
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