Un mois après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, la capitale économique panse ses plaies. Entre mémoire douloureuse, reprise du quotidien et vigilance citoyenne, Cotonou avance… sans oublier.
Le 7 décembre 2025, le ciel s’est assombri sur Cotonou. Ce jour-là, une tentative de coup d’État brutale et sanglante contre le président Patrice TALON a failli faire vaciller l’histoire du Bénin.
Nous sommes le 7 janvier 2026. Une semaine après avoir franchi le seuil d’une nouvelle année, Cotonou avance. Mais Cotonou n’oublie pas. La ville porte encore, dans sa mémoire collective, la cicatrice de ce jour sombre.

Éponge et brosse en main, la tête dans les dessous d’une moto qu’il lave avec professionnalisme, Léon, tenancier d’un centre de lavage, raconte son stress de cette journée : « Naturellement, nous avons tous peur, parce que ces genres de choses ne nous donnent pas la tranquillité dans le pays. Ce jour-là, je ne pouvais pas travailler correctement… le cœur n’était pas tranquille… »

Même sentiment pour Samuel, jeune électricien, et Madeleine, commerçante, l’un assis au bord de la voie, regard fixé dans le vide, l’autre plongée dans les marmites de riz qu’elle vend.
Pourtant, malgré le souvenir douloureux, le quotidien a repris ses droits. Les marchés s’animent, les administrations fonctionnent, et le cœur de Cotonou continue de battre. Peut-être plus fort. Peut-être plus vigilant. Comme une réponse silencieuse mais ferme à la tentation du chaos.

« Ça, c’est une chose qu’on ne doit pas aimer. Un coup d’État n’évolue pas un pays », lance Franck DOSSOU, jeune joueur, dans un ton grave et un regard froissé.

Tchessi FASSASSI, acteur culturel, constate pour sa part que « Les activités fonctionnent normalement, tout est dans l’ordre, et on a fêté le Nouvel An dans la joie. »

Pour l’artisan Aubin SOSSOUNON, « Plus jamais ça chez nous ! », martèle-t-il d’une voix claire.

Dr Jacques Richard CODJO, cadre de l’administration publique, se souvient lui aussi du 7 décembre. « J’ai eu peur que tout ce château que nous construisons de la sueur de chaque Béninois s’écroule de cette façon », reconnaît-il. Mais au-delà du choc, il conserve une foi inébranlable en l’avenir du pays. « JE CROIS EN LA DESTINÉE DU BÉNIN. JE CROIS QU’IL A ENCLENCHÉ UN NOUVEAU CYCLE », ajoute-t-il d’un ton rassuré.

Sans renier ses convictions politiques, Expérience TEBE, président du parti d’opposition Mouvement Populaire de Libération, interroge une ligne essentielle : où s’arrête la contestation légitime et où commence le danger pour l’État ? « La contestation reste légitime dès lors qu’elle se fait dans le respect des lois de la République. Mais lorsqu’on se retrouve en minorité et que, au lieu de chercher des solutions, on s’enferme dans une opposition stérile, on peut dépasser les limites et mettre en danger le vivre-ensemble », précise-t-il.
La silhouette de cette tentative hantera désormais la mémoire du Bénin. Mais la résilience d’un peuple conscient des enjeux et déterminé à préserver la paix et l’ordre constitutionnel restera plus forte que toutes les entreprises de déstabilisation, celles que d’aucuns appellent « les jaloux du progrès ».
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