Longtemps relégué au second plan, le football féminin africain s’impose désormais comme un vrai sujet de premier plan. Entre l’élargissement de la CAN féminine à 16 équipes, la montée en régime des sélections en préparation de la WAFCON 2026, les qualifications pour les compétitions mondiales et les programmes de développement de la FIFA, le continent semble entrer dans une nouvelle phase. Un mouvement encore fragile, mais de plus en plus visible.
Un virage historique pour la CAN féminine
La Confédération africaine de football a décidé d’élargir la Coupe d’Afrique des nations féminine de 12 à 16 équipes à partir de l’édition 2026, prévue au Maroc. Cette évolution marque une étape importante dans la reconnaissance sportive du football féminin sur le continent. CAF a également reprogrammé le tournoi, initialement attendu au printemps, pour la période du 25 juillet au 16 août 2026.
Cette décision n’est pas qu’un ajustement de calendrier. Elle traduit une volonté d’ouvrir davantage la compétition, d’élargir le bassin des nations participantes et d’offrir plus d’exposition à des sélections qui, jusque-là, restaient parfois à la porte du grand rendez-vous continental.
Le Maroc, épicentre d’une nouvelle dynamique
Le Maroc sera au cœur de cette nouvelle séquence. Le pays accueillera la CAN féminine 2026, mais aussi le Mondial féminin U17 en 2026, ce qui en fait l’un des principaux points d’ancrage du football féminin mondial en Afrique cette année. La CAF a lancé les qualifications africaines pour cette Coupe du monde U17, avec 24 nations engagées pour cinq places, dont celle du pays hôte.
Autrement dit, la progression du football féminin africain ne se joue plus seulement au niveau des seniors. Elle s’installe aussi dans la formation, la détection et la construction d’une génération de joueuses capables de porter le continent sur la scène internationale.
Des équipes africaines qui montent en intensité
À l’approche de la WAFCON 2026, plusieurs sélections ont accéléré leur préparation. La CAF rapporte que les équipes africaines profitent de la fenêtre internationale d’avril pour affiner leurs tactiques, tester des combinaisons et renforcer la cohésion du groupe. Des matchs amicaux de haut niveau ont aussi été organisés pour préparer la compétition.
Cette intensité est un signe fort. Elle montre que les sélections ne viennent plus à la CAN féminine pour participer, mais pour rivaliser, progresser et, pour certaines, viser plus loin. La dynamique est particulièrement visible chez les nations qui structurent mieux leurs équipes féminines et investissent dans la continuité technique.
Le ticket mondial est devenu un moteur
La prochaine CAN féminine aura aussi une portée mondiale. Le tournoi servira de qualification pour la Coupe du monde féminine 2027, où l’Afrique disposera de quatre places directes et de deux billets pour les barrages intercontinentaux. Cette perspective donne à la compétition une dimension supplémentaire et renforce son enjeu sportif.
Dans ce contexte, chaque match compte davantage. Les sélections africaines ne jouent plus seulement un titre continental, elles jouent aussi l’accès à une visibilité mondiale, à de nouvelles ressources et à une crédibilité sportive qui peut transformer durablement leur développement.
La base monte aussi en puissance
La progression ne se limite pas aux équipes nationales A. Les catégories de jeunes confirment aussi cette montée en régime. En février 2026, la CAF a indiqué que le Ghana et le Nigeria avaient atteint le dernier tour des qualifications pour la Coupe du monde féminine U20 2026, preuve que plusieurs pays continuent d’alimenter le haut niveau par la formation.
De son côté, la FIFA multiplie les programmes de développement du football féminin à destination de ses associations membres. L’institution dit vouloir offrir davantage de ressources pour structurer le jeu féminin, renforcer les ligues et améliorer l’encadrement technique et commercial.
Une progression réelle, mais encore inégale
Malgré ces avancées, le football féminin africain reste traversé par de fortes inégalités. Certaines nations disposent déjà d’une vraie culture compétitive, de championnats plus structurés et d’un soutien institutionnel plus solide. D’autres avancent encore avec des moyens limités, ce qui crée un écart persistant entre les ambitions affichées et les réalités du terrain.
Mais la tendance est là : le football féminin africain n’est plus un sujet périphérique. Il devient un chantier stratégique, un espace de performance, et un marqueur important de la modernisation du sport sur le continent. Entre la réforme des compétitions, la montée des jeunes générations et l’appui des instances, la discipline entre dans une phase où elle ne demande plus seulement à exister : elle veut compter.
![]()

